Les journées en milieu scolaire à cette époque se déroulaient à peu près de la façon que cela se passe de nos jours, alors qu'aujourd'hui il y a une grande place pour le sport. Cela a été très ``agréable`` cette période de mon enfance passée à l'école. Encore une autres fois, je n'ai pas pu terminer ma première année scolaire car comble de malchance, au printemps, j'attrapais la rougeole. A cette époque, il n'existait pas de vaccin pour cette maladie et celle-ci pouvait occasionner des séquelles à mon corps. Pour finir le tout comme si cela n'était pas suffisant, à l'automne suivant une deuxième maladie d'enfance, la picote. À vrai dire, c'est à partir de cet instant là que ma vie a commencé à changer complètement. Mon corps, cette enveloppe extérieure tout entière, allait avec les années me faire ``vivre`` une nouvelle expérience de vie C'était bel et bien `la fin`` de marcher comme tout le monde. Plus tard, ca sera autour de mes bras de connaître la paralysie. Une transformation que je n'ai pas du tout choisie, un corps qui a changé tranquillement mais sûrement. Avant ces maladies, je fatiguais un peu des jambes, mais cette fatigue alla en grandissant au point que je ne pu plus assister à mes cours. Pour moi, fini l'école, fini d'apprendre comme tout le monde, d'aller en autobus scolaire et de fréquenter les autres élèves ! Fini ce beau temps !!.
Après notre séjour
en milieu urbain, nous sommes allés demeurer pour de bon
à Farnham, charmante petite ville. Mes problèmes
dus à mes maladies m'ont suivi également, je sentais
toujours mes malaises dans mes membres inférieurs et en
plus un manque d'équilibre. Je marchais en me servant des
points d'appui qui se trouvaient sur mon chemin, soit une table,
les murs, un meuble et autre chose. Pour remédier à
mon manque d'équilibre, j'ai eu une paire de béquilles.
Ainsi, à l'âge de sept ans, ma vie physique me faisait
prendre un autre chemin sans me demander mon avis.
Ce fut aussi le début de mes visites aux hôpitaux de Montréal, St Justine , Sacré Cur, dans les années 57 et 59. Après une batterie d`analyses et leurs diagnostiques, ils m'ont dit que j'avais l' handicap appelé l'ataxie spino cérébéleuse sporadique , ensuite la dystrophie musculaire et quelques années plus tard, la sclérose latéral amitropique infantile. Mais aucun de ses diagnostiques ne s'est avéré le bon. C'est seulement en août 1997 qu'un neurologue m`a dit qu'il s'agissait probablement de séquences encéphalomyélite post rougeole et picote, c'est à dire la varicelle survenant à l'âge de sept ans.
Vers la fin de 1960, j'ai été placé dans un centre privé pendant trois à quatre mois. C'était un milieu pour handicapés intellectuels. La responsable ne voulait pas que je marche avec mes béquilles, pour ne pas me faire accrocher pars les autres. Elle allait me procurer une chaise roulante, mais celle-ci s'est fait attendre !!! Durant tout le temps que j'ai séjourné là, je suis resté couché sur une chaise de parterre. Quand je suis retourné chez moi, je n'étais plus capable de me servir de mes béquilles. Alors à partir de cet instant la chaise roulante devenait officiellement mon véhicule de déplacement.
Le vendredi 13 avril 1962, survint un événement très spécial dans ma vie de jeune handicapé physique de 11ans : le décès de mon père. Il est parti jeune, à 36 ans, laissant sept enfants et une femme de 32 ans qui maintenant avait nous avaient tous sur les bras. Lors d'un rendez-vous au C.L.S.C. de Farnham, ma mère fit la connaissance d'une madame dont le frère travaillait comme électricien dans une institution très spéciale. Ce centre était situé à Point-aux-Trempes, dans l'Est de l'île de Montréal, de l'autre côté des raffineries de pétrole. Ma mère voulait me replacer dans ce milieu de vie et elle alla le visiter sans moi. Quelques mois plus tard, elle reçut un téléphone de la responsable des admissions lui disant qu'il y avait une place pour moi, toute chaude ! Je ne peux pas dire que cela a été une joie de partir de la famille, loin de là et je n'avais pas le choix. C'était mon destin ce nouveau cheminement !!!
Vers texte : "LE FOYER DE CHARITÉ"